Parodie du Cid

Ségolène

Enfin vous l'emportez, et la faveur des voix
Vous élève en un rang qui n'était dû qu'à moi.
Vous voilà président, succédant à Chichi.

Sarkozy

Cette marque d'honneur qu'on m'offre après Bercy
Montre qu'un Français est juste, et fait connaître assez
Qu'il sait récompenser les services passés.

Ségolène

Comme me dit Holland," Ah si tu étais homme ! "
La France se trompe, même au référendum .
Et ce choix sert de preuve aux millions de votants
Que vos bourses pesaient plus que vos arguments.

Sarkozy

Ne parlons plus d'un choix dont votre esprit se vexe ;
L'électorat français n'a pas élu mon sexe.
Et on doit ce respect au scrutin révolu
De n'examiner rien quand un peuple a voulu.
A l'honneur qu'il m'a fait ajoutez en un autre ;
Joignons d'un sacré nœud mon parti et le vôtre :
Vous avez des mammouths moi je n'ai qu'un Fillon !
Ségolène, on peut vivre à jamais une union ;
Faîtes-nous la grâce, de prêter DSK.

Ségolène

Ca, jamais vous n'aurez le moindre de mes gars!
Et le nouvel éclat de prendre Matignon
Doit lui gonfler la tête, à ce pauvre Fillon!
Présidez donc, monsieur et gouvernez la France
Avec votre François, à grands coups d'ordonnances.
Allez faire trembler les peuples sous vos lois
Remplir les bons d'argent et les méchants d'effroi.
Votre sbire aura tôt l'âme d'un capitaine!
Montrez lui comme il faut s'endurcir à la peine
Qu'il lui faut trimer plus pour gagner sa retraite,
Pour faire une croisière au large de la Crête.
Asservir l'UMP et débaucher Kouchner,
Mais ne devoir qu'à vous de remporter la guerre.
Instruisez-le d'exemples et rendez le parfait,
Expliquant à ses yeux vos leçons par l'effet.

Sarkozy

Pour s'instruire d'exemple, en dépit de l'envie,
Il lira seulement l'histoire de ma vie.
Là, dans un long tissu de belles actions,
Il verra comme il faut dompter des nations,
Attaquer le PS, supprimer le PC
Et sur les policiers bâtir sa renommée.

Ségolène

L'exemple Mitterrand est d'un autre pouvoir ;
C'était un président qui n'avait rien à voir.
Qu'avez-vous fait après tout toutes ces années
Qui ne puisse égaler une de ses journées?
Si vous êtes vaillant, je le suis moi aussi
Et ce cerveau royal est un plus ferme appui.
Grenoble et Tarascon veulent suivre mes pistes!
Mon nom sert de drapeau à tous les socialistes.
Sans moi vous passeriez du côté de Le Pen.
On aurait bientôt des croix gammées en emblème
Chaque jour, Holland pour augmenter ma gloire
voit des journalistes jusqu'à très tard le soir.
DSK à mon côté ferait en Poitou
L'essai de son courage, assis sur mes genoux.
Il apprendrait à vaincre en me regardant faire ;
Et pour répondre en hâte au transfuge Kouchner
Il verrait ...

Sarkozy

                  Je sais, vous êtes bonne parfois.
Je vous ai vu débattre même contre moi.
A ce débat télé . Je suis resté de glace ;
Quant aux handicapés, vous vous fîtes pugnace.
Enfin, pour épargner les discours superflus,
Vous avez essayez mais vous avez perdu
Et vous voyez bien qu'en ce beau pays de France
L'électeur entre nous met quelque différence.

Ségolène

Ce que je méritais, vous l'avez emporté.

Sarkozy

Qui l'a gagné sur vous l'avait mieux mérité.

Ségolène

Qui peut mieux l'exercer en est bien le plus digne.

Sarkozy

En être refusé n'en est pas un bon signe.

Ségolène

Vous l'avez eu par ruse, étant vieux courtisan.

Sarkozy

L'éclat de mes hauts faits fut mon seul partisan.

Ségolène

Parlons en mieux, le peuple a cru en votre rage.

Sarkozy

Le peuple, à mon avis, a cru en mon courage.

Ségolène

Marianne aurait dû se blottir dans mes bras.

Sarkozy
Qui n'a pu l'obtenir ne la méritait pas.

Ségolène

Ne la méritait pas ! Moi ?

Sarkozy

                                         Vous.

Ségolène

                                                   Ton impudence,
Téméraire flicard, aura sa récompense.
(Elle lui tire la langue)

Sarkozy

Achève, et prends ma vie après un tel affront,
Ta langue vipérine a tout mouillé mon front.

Ségolène

Que penses-tu faire avec ton petit Karcher?

Sarkozy

Me nettoyer. Zut en panne! Un engin si cher !

Ségolène

Ton Karcher est foutu. Ah tu as l'air malin !
Ma bave a recouvert ton vilain front de nain.
Adieu. Fais lire à Fillon, en dépit de l'ennui,
Pour son instruction, l'histoire de ta vie ;
Plus qu'un long discours, ce petit postillon
Vous servira peut-être à devenir moins cons

Sarkozy

Ô rage, ô désespoir, Ségolène ennemie !
N'ai-je été élu que pour cette infamie
Et n'ai-je mis sur pied un état policier
Pour la voir en ce jour mouiller mon front altier ?
Ce front qu'avec respect toute l' ENA admire,
Ce front qui voit passer des idées, tant et pire,
Que je prends dans mes mains sur le trône parfois,
A reçu sa léchouille et ça coule sur moi.
Ô cruel souvenir de la voir me laper.
Elle a léché Bayrou ! A qui le tour ? Juppé ?
Tout nouveau président, je fais des haut-le-cœur
A sentir sur mon front un peu de sa liqueur.
Faut-il par son crachat qu'elle m'est mis le compte
Ou sortir mon mouchoir pour essuyer la honte ?
Chirac, sois de la France à nouveau gouverneur :
Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur
Et son jaloux orgueil, par ce mollard insigne,
Malgré mon résultat, a su m' en rendre indigne.
Et toi, de mes exploits, glorieux instrument,
Pourtant d'une lavasse inutile ornement,
Karcher tant à craindre mais qui dans cette offense
M'a servi de pissette et non de belle lance ;
Va, quitte désormais le dernier des humains
Et pars pour m'arranger, à la casse demain.

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