Nostalgie normande

La lune, pour réfléchir,

A pris ses quartiers dans l'eau des marais sombres.



Une brise,

À bout de souffle, vient émier son miroir.



Pour ne pas voler en éclats,

L'ombre des ajoncs se resserre,

Étouffant de leur tremblement

Le rêve d'un héron cendré.



Tout est silence, ou presque.



La Seine, orgueilleuse

De sa tournée parisienne, accroche à ses rives

Des relents de lumière

Tombée du Pont Mirabeau

Et distille ses remous froids

Dans l'estuaire impassible.



Les falaises de craie

Lancent des amarres

Où se pendent les barques abandonnées.



Tout est immobile, ou presque.



La Manche turbulente

L'accueille dans ses bras ouverts

Et fait paître ses moutons dans le Marais Vernier.



Comme une marionnette aux mille fils,

Le Pont de Normandie l'enjambe,

Majestueux et électrique.



Le Havre et Honfleur, au même pensionnat,

Partage son tablier.



Tout est noir ou presque.

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