Mort d'un clown

Un clown est mort et sur la piste

L’éclat de rire tourne en rond

Un guignol suit un trapéziste

Trois petits tours et puis s’en vont

Sous la trompette d’un auguste

Une ombre grise emplit le soir

Qui sait si la note était juste

Quand elle sonnait au désespoir

 

Dommage que parfois

La peur remplace le talent

Et que le don, le don de soi

Ne soit plus rêve suffisant

 

Un clown est mort et sur la place

Un chapiteau drapé de pleurs

Se prend pour un palais des glaces

Pour réfléchir à sa douleur

Les balles vives du jongleur

Sont suspendues dans le silence

En attendant que vienne l’heure

De reprendre leur folle danse

Dommage que parfois

L’éclat dans les yeux des enfants

Ne sache redonner la foi

À ceux qu’assiège le tourment

 

 Un clown est mort et dans les cieux

Son nez rouge est comme une étoile

Qui s’endort dans le lit des dieux

Monsieur Loyal hisse la voile

Un cortège d’équilibristes

Dépose une larme une fleur

Sur le sable de cette piste

Adieu l’artiste, à tout à l’heure

 

Dommage que parfois

Les quêtes d’un autre absolu

Ne soient dictées que par la loi

De ceux qui se croient tant et plus

Dommage que par trop souvent

Pour une mode un esthétisme

Le clown perde un cœur innocent

Et son talent dans l’élitisme.

 

 

 

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