Le forcado

 

Ivre de fatigue, rompu par la douleur,

Le forcado s'écroule au milieu de l'arène.

Le taureau est vaincu, figé dans la chaleur.

Les vivats s'élèvent comme un chant de sirène.

 

Le héros allongé savoure sa victoire.

Les paupières baissées pour vivre sa fierté.

Bras en croix, bouche ouverte, impatiente de boire

A la coupe de l'air que distille l'été.

 

Mais bientôt, relevé, il foulera le sable.

Les aficionados, dans leur joie inlassable,

Tapisseront de fleurs sa sortie solennelle

 

Et quand le matador portera l'estocade,

Le forcado mettra dans ses rêves d'alcade

Un habit de lumière et de gloire éternelle.  

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