La parnassienne

Tableau de Sylvie Perron

 

La parnassienne

C'est là qu'elle habitait, la vieille parnassienne.
A sa fenêtre bleue, elle mettait des fleurs.
Le matin qui venait lui ouvrait les persiennes
Puis quand la nuit tombait, elle enfermait ses pleurs.

Mais toute la journée, assise à sa fenêtre,
Elle écrivait des mots qui sentaient le jasmin.
Si elle souriait, c'est qu'arrivait à naître
Entre ses doigts tordus, un merveilleux chemin

Qui la menait au ciel en la mettant aux anges.
Et ses mots s'échappaient comme un vol de mésanges
Par la fenêtre bleue qui donne sur la rue

Où traînent encore les relents des jasmins
Que viennent respirer, silencieux, deux gamins
Dans la lueur des réverbères disparue.

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